Si vous vous êtes déjà posé cette question, vous avez peut-être déjà cherché comment faire pour y parvenir. Vous avez lu et écouté des spécialistes, vous avez peut-être même tenté de mettre en pratique pendant un jour ou deux (une semaine ? un mois ?) les précieux conseils reçus et pourtant, rien n’y a fait. Alors, pourquoi rien n’a changé ? Qu’est-ce qui manque ? Parvenir à s’estimer, est-ce vraiment possible ?

 

UN HÉRITAGE DE NOTRE ENFANCE

Vous savez sans doute déjà qu’on a coutume de dire que l’estime de soi est le résultat des expériences de l’enfance, de la façon dont on a été plus ou moins bien accueilli, considéré, aimé,  durant nos jeunes années, par nos parents en premier lieu, mais aussi par des personnes déterminantes de notre environnement (le reste de la famille, les camarades et enseignants à l’école,…). Mais pour autant, cela signifie-t-il que, si on a été brimé et dévalorisé, on est condamné à rester toute notre vie avec une basse estime de nous-mêmes ?

 

UN AVIS PARTAGÉ PAR LA MAJORITÉ

En général, les professionnels interrogés s’accordent à dire que non, nous ne sommes pas condamnés à nous estimer peu, suite à une enfance difficile. Un changement est possible. On peut gagner en estime de soi, même une fois sorti de l’enfance. La plupart des spécialistes s’entendent même sur les moyens de développer cette estime de soi. Il est courant de lire et d’entendre qu’il faut accepter nos imperfections, s’affirmer, faire taire la petite voix intérieure critique, se complimenter, réaliser nos désirs, accepter l’échec, rendre service aux autres… Autant de choses bien utiles… mais secondaires, d’après moi !

 

L’OEUF OU LA POULE ?

Entre l’oeuf et la poule, qu’est-ce qui existait en premier ? Et entre le fait de s’estimer et d’accepter nos défauts, que fait-on en premier ? Et entre le fait de s’apprécier et s’affirmer ? Selon mon expérience et mon analyse, beaucoup de ces conseils donnés pour faire grandir l’estime de soi sont en réalité les conséquences favorables d’une estime de soi déjà bien en place : quand on bénéficie préalablement d’une bonne estime de soi, on accepte ses imperfections, on s’affirme, on réalise nos désirs, on rend service aux autres avec générosité (et non avec un secret espoir intérieur de reconnaissance), …

 

 

LA PIÈCE MANQUANTE

Pour autant, je ne pense pas que ces conseils soient inutiles, non. Et je rejoins mes collègues pour encourager chacun à faire tout ceci afin de s’exercer et entretenir une bonne estime de soi. Mais selon moi, il manque l’ingrédient essentiel à la création ou la restauration d’une bonne estime de soi : le sentiment.

 

UNE AFFAIRE DE SENTIMENTS

L’estime de soi est une affaire de sentiments que l’on porte à soi-même. Il s’agit d’un sentiment d’estime, de respect, d’affection que l’on porte à soi-même. Toutes les actions possibles peuvent malheureusement ne jamais mener à la création de ce sentiment. Nous aurons beau faire un tas de choses précises, ce n’est pas pour autant que nous développerons des sentiments bienveillants à notre propre égard.

Se pardonner nos défauts sans sentiment de bienveillance est illusoire.

Se complimenter soi-même sans le croire ne fait pas croître l’estime de soi.

Réaliser nos désirs, non plus.

Et il faut être bien téméraire pour oser s’affirmer et s’exposer aux autres alors que l’on ne s’aime pas soi-même !

À l’inverse, lorsqu’on s’apprécie, on se pardonne nos propres défauts.

Lorsqu’on ressent un sentiment bienveillant envers soi, on se complimente aisément.

Lorsqu’on s’estime, on s’affirme, sans crainte de ne plus être aimé.

Lorsqu’on est important à nos propres yeux, bien sûr qu’on réalise nos désirs !

D’après moi, le coeur, la cible de la naissance d’une bonne estime de soi est la création d’un sentiment d’affection que l’on va porter à soi-même. Et à ma connaissance, personne n’a évoqué jusqu’à présent la nécessité de créer un sentiment de bienveillance, d’affection, d’amour envers soi.

 

FAIRE NAÎTRE UN SENTIMENT ?…

En général, lorsque j’en arrive là dans le développement de ma pensée, nombre de personnes se cabrent : « On ne peut pas créer un sentiment de toute pièce ! Ça vient tout seul, mais on ne peut pas le générer comme ça ! Si on ne m’a pas aimé comme j’en avais besoin et si je ne m’aime pas, je ne vois pas comment je pourrais tout à coup ressentir autre chose pour moi-même ! »

 

… Et s’il y avait moyen ?

… Et si on pouvait vraiment créer un sentiment nouveau en soi ?

 

Qui n’a jamais vécu  la situation où l’on rencontre quelqu’un qui, au premier abord, ne nous plaît pas du tout. Nous trouvons cette personne insupportable et voudrions ne plus jamais avoir affaire à elle. Puis avec le temps et certains petits aménagements internes inconscients, nous finissons par la trouver attachante et devenons même peut-être meilleurs amis !

 

 

 

DES PETITS AMÉNAGEMENTS

Ces « petits aménagements inconscients» peuvent être suscités, dirigés, encouragés. Par de subtiles manœuvres, les sentiments naissent et finissent par grandir… Parce qu’on est décidé à ressentir de l’estime pour soi-même, sans conditions, et en opérant ces subtiles manoeuvres, on développe petit à petit un sentiment d’estime de soi.

Si l’estime de soi trouve en effet ses racines dans les expériences de nos premières années de vie et la façon dont notre entourage proche nous a accueilli, ce sentiment d’estime peut enfin être bâti ou restauré à tout âge, peu importe notre passé.

Il n’est jamais trop tard pour planter la graine d’amour de soi en soi.

Et les précieux conseils sur lesquels s’accordent tous les spécialistes, moi y compris, deviennent alors des béquilles substantielles sur lesquelles prendre appui pour muscler cette bonne estime de soi.

 

Alice de Duve, psychologue et formatrice

septembre 2019

Pourquoi rester dans le brouillard, souffrir et vous battre alors que vous méritez d’être heureux et disposez des capacités pour y parvenir ?

 

Alice de Duve, psychologue et formatrice

Estime de soi – Émotions – Relations saines –  Désir de vivre